Movember : l’occasion de lever les tabous

Le logo du mouvement Movember est une moustache

La moustache est le symbole du mouvement “Movember”

 

Les cancers masculins sont peu connus du grand public, car la parole n’est pas libérée sur ces sujets. Patients, proches, hommes : personne ne profite de ce silence. Il est désormais temps de lever les tabous. 

 Les raisons principales des tabous

La première raison, c’est que le mot « cancer », du fait de sa potentielle gravité, fait peur. Évoquer un cancer effraie les patients tant que les proches, ce qui pousse d’emblée à taire la réalité du problème. Mais la situation va plus loin, puisque les cancers masculins (prostate, testicule) touchent directement à la virilité. Les stéréotypes de l’homme invincible et invulnérable sont mis à mal par la maladie et le cancer fait naître une situation d’angoisse : au-dessus de la maladie plane le risque d’impuissance. Le cancer du testicule, plus fréquent chez les jeunes, apparaît souvent autour de 25-30 ans, dans une phase de construction personnellequi dissuade les hommes de parler ouvertement de leur maladie.

Ces tabous résultent également d’une méconnaissancede l’anatomie, de la maladie et des symptômes. Ne pas parler, c’est donc s’enfermer dans le cercle vicieux de l’isolement. Il est donc important de garder en mémoire que le cancer n’est pas, et n’a pas à être un tabou.

La fondation Movember profite également du mois de Novembre pour sensibiliser aussi sur l’isolement, le suicide et la santé mentale des hommes. Ces sujets sont particulièrement tus dans une société où la faiblesse est dénigrée.

Photo d'un homme avec un ruban bleu

Un ruban bleu pour les cancers masculins ?

 L’importance de la libération de la parole

Le cancer de la prostate et du testicule sont des cancers à fort taux de guérison. Cependant, chaque cancer, même guéri, laisse des traces sur la santé physique et mentale des anciens malades. Il est donc important de parler, de partager son expérience, ses doutes et ses peurs.

Le cancer de la prostate est le deuxième cancer le plus répandu chez les hommes dans le monde. En 2012, on enregistrait plus de 1,1 million de cas. C’est un cancer qui fait partie des mieux guéris (au-dessus de 85%) mais qui tue tout de même plus de 9000 hommes par an en France. Pour un cancer qui se soigne aussi bien aujourd’hui, ces décès révèlent un manque d’éducation, d’information et de sensibilisation qui pourrait sauver des vies.

De plus, on sait depuis plus de dix ans que certains cancers de la prostate ne nécessitent qu’une surveillance active (lorsque le cancer est à faible risque de progression). De ce fait, les patients ne subissent pas les effets secondaires de traitements lourds.

Le cancer du testicule, lorsqu’il est diagnostiqué, a un taux de guérison de plus de 90%. En moyenne, depuis 2005, on recense 2000 cas de cancer du testicule en France. Cependant, ce cancer tue quand même 80 personnes par an. Ce type de cancer est le premier cancer de l’homme jeune, et l’Europe fait partie des continents les plus touchés. On constate également une augmentation constante des cas de cancer du testicule depuis les 50 dernières années.

Il faut aussi parler plus, pour accroître la visibilité des cancers masculins et décomplexer ce sujet. Si Octobre Rose a pour but la sensibilisation au cancer du sein, il convient de dire que Movember est son équivalent masculin. Malgré tout, Octobre Rose jouit d’une grande médiatisation, contrairement à Movember. Il est donc temps de s’affranchir des tabous pour libérer la parole des hommes sur les cancers dont ils sont victimes. Il faut aussi garder à l’esprit que le manque de visibilité de ces cancers rend les traitements sont moins prioritaires : il faut parler, pour que ces tabous ne ralentissent ni les dons ni la recherche.

Mais Movember, c’est aussi parler de la santé mentale des hommes et prévenir le suicide. Chaque minute, un homme se suicide dans le monde. S’il n’est pas facile d’évoquer le sujet de la santé mentale, en parler permet de cerner les symptômes, de mettre des mots sur les causes du mal-être et souvent d’éviter l’isolement. Le problème du suicide, toujours aussi tabou, peut être combattu si l’on ose demander de l’aide.

L’information, première arme contre la maladie

Savoir, c’est avant tout avoir les cartes en main pour diagnostiquer la maladie plus vite. Et comme nous le savons tous, plus tôt un cancer est diagnostiqué, plus de chances il a d’être vaincu. L’important est donc d’être conscient des symptômes, de ne pas avoir peur de consulter si vous constatez quelque chose d’anormal. Les professionnels de la santé sont formés pour avoir une approche pédagogique du cancer avec leurs patients.

N’oubliez pas : savoir, se faire dépister, parler, c’est le premier pas pour combattre la maladie.

Informations utiles : http://cerhom.fr,https://fr.movember.com, https://www.cancer-osons.fr

Lignes d’écoute : TEST’ÉCOUTE : 07 82 33 15 72, PROST’ÉCOUTE : 06 41 22 41 51

https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-du-testicule/Symptomes

https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/Cancer-de-la-prostate/Signes-et-symptomes

 

 

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